"Aujourd'hui il n'y a pas de monde des humains, au sens précis où, derrière la propagande sur la mondialisation, la thèse qui gouverne des politiques de plus en plus violentes et fermées est qu'il y a deux mondes, au moins. Le prétendu monde unifié du Capital a pour prix la brutale, la violente division de l'existence humaine en deux régions séparées par des murs, des chiens policiers, des contrôles bureaucratiques des patrouilles navales, des barbelés et des expulsions.
Pourquoi ce que les politiciens et la presse asservie des pays occidentaux appellent (en France, l'expression vient de Le Pen) le "problème de l'immigration" est-il devenu dans tous les pays concernés, une donnée fondamentale de la politique des États ? Parce que tous ces étrangers qui arrivent, qui vivent et qui travaillent ici, sont la preuve que la thèse de l'unité démocratique du monde réalisée par le marché et par la "communauté internationale" est entièrement fausse."
Alain Badiou - "De quoi Sarkozy est-il le nom ?"
"Les masses populaires en Europe ne sont pas opposées aux masses populaires en Afrique mais ceux qui veulent exploiter l'Afrique, ce sont les mêmes qui exploitent l'Europe; nous avons un ennemi commun."
- <b>Thomas Sankara</b>, Discours à la vingt-cinquième Conférence au sommet des pays membres de l'OUA, Addis-Abeba, 29 juillet 1987
- <b>Thomas Sankara</b>, Discours à la vingt-cinquième Conférence au sommet des pays membres de l'OUA, Addis-Abeba, 29 juillet 1987
"Toute conception de la « révolution socialiste » qui se limite aux perspectives du peuple travailleur des États-Unis et qui refuse de
prendre en considération la totalité des intérêts des peuples les plus opprimés
du monde, se réduit à un combat pour l’intérêt particulier de privilégiés ; elle représente une idéologie très dangereuse (...)
La lutte à l’intérieur des États-Unis sera un moment décisif de ce processus,
mais lorsqu’elle triomphera aux États-Unis, la révolution aura été l’oeuvre des
peuples du monde entier. Définir le « socialisme » en termes purement nationaux
dans un pays dont le rôle oppressif est si extrême et, historiquement, si
décisif relève, de la part du « mouvement », d’un pur et simple chauvinisme impérialiste.
"Mainfeste des Weathermen", extraits des Temps Modernes n°286, Mai 1970
"L'histoire existe parce qu'il existe des opprimés. (…) Le refus d'être esclave est vraiment ce qui change le monde.
Quel est donc le but de l'histoire ? Elle est faite «dans certaines conditions» (Marx) par les esclaves et contre l'esclavage, elle ne peut donc que poursuivre une fin : la destruction des maîtres. De son côté, le maître n'a de cesse qu'il échappe à l'histoire, qu'il la refuse en massacrant ceux qui la font, et la font contre lui."
Raoul Vaneigem - "Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations"